En Mai 2009, Amnesty International lancera une campagne mondiale sur la pauvreté et les droits humains.
Être pauvre, ce n'est pas seulement avoir un faible revenu. C'est aussi être privé de l'accès aux moyens d'existence, aux compétences, à la sécurité et au pouvoir d'agir indispensables pour que le droit de vivre dans la dignité devienne réalité.
La dignité humaine universelle ne peut se concrétiser que si l'ensemble des droits humains sont respectés – du droit à un logement adéquat au droit à l'intégrité physique en passant par le droit à l'information.
La pauvreté est une création humaine. Elle est le résultat de décisions prises par des gouvernements, des entreprises, des institutions et d'autres acteurs qui ont le pouvoir d'améliorer la vie des gens. Il est possible de briser le cercle vicieux de la pauvreté et de l'exclusion en luttant contre les violations des droits humains qui en sont la cause et qui les entretiennent. Mais les personnes qui détiennent le pouvoir n'assument pas pleinement leurs responsabilités et se désintéressent des conséquences de leurs actes sur les droits humains des pauvres. Les droits humains n'ont pas tous force de loi. C'est particulièrement vrai pour les droits dont la violation est à l'origine de la pauvreté. Il est difficile aujourd'hui d'exiger de ceux qui bafouent les droits humains et jettent des gens dans la misère qu'ils rendent des comptes. Les gouvernements refusent d'être tenus responsables des conséquences de leurs politiques sur les droits humains des personnes qui vivent dans d'autres pays et, souvent, les entreprises cherchent à éviter d'avoir à répondre de l'impact de leurs activités sur la vie des gens à l'intérieur et à l'extérieur du pays.
Les trois principales revendications de notre campagne
L'obligation de rendre des comptes
Les personnes qui vivent dans la pauvreté ont le droit de demander des comptes à ceux qui sont responsables des atteintes à leurs droits fondamentaux. Tous les droits humains doivent avoir force de loi, y compris les droits économiques, sociaux et culturels. Tous les responsables, notamment les entreprises et les gouvernements, qu'ils agissent à l'intérieur et à l'extérieur de leur pays, ainsi que la Banque mondiale doivent être légalement comptables des conséquences de leurs activités sur la situation des droits humains.
L'accès aux droits pour tous
Les gouvernements doivent promouvoir l'égalité et éliminer toute discrimination de leurs programmes de lutte contre la pauvreté, à l'intérieur et à l'extérieur du pays. Les projets mondiaux de développement doivent assurer une meilleure protection des droits humains des pauvres ; cela implique notamment d'éliminer les pratiques qui entretiennent l'exclusion et de faciliter l'accès aux services et aux ressources les plus importants (la terre, le logement, la santé).
Respecter la capacité d'action des gens, leur droit de décider eux-mêmes de leur sort
Ceux et celles qui vivent dans la pauvreté doivent être respectés et avoir les moyens de devenir les principaux acteurs de la lutte pour leur droit à vivre dans la dignité. Les gouvernements, les entreprises et autres autorités doivent respecter :
Ø leur droit de savoir – par exemple, comment se protéger du VIH/sida ou quelles seront, là où ils vivent, les conséquences probables de l'extraction de matières premières ;
Ø leur droit de participer et de revendiquer – participer vraiment en définissant eux-mêmes ce qu'ils attendent des investissements et du développement et pouvoir se faire entendre sans crainte et sans s'exposer à l'intimidation quand il s'agit de la défense de leurs droits.
Les réussites du passé montrent qu'un changement durable n'est possible qu'en aidant ceux qui vivent dans la pauvreté à agir par eux-mêmes. Notre campagne lancera donc des appels demandant la modification des législations, des politiques et des pratiques des autorités, et la possibilité pour ceux qui vivent dans la pauvreté et ceux qui travaillent pour eux et avec eux d'exiger des autorités qu'elles rendent des comptes sur leurs violations des droits fondamentaux. Nous pensons que, de cette façon, il sera possible de faire respecter les droits humains et la dignité de tous.